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Shannon Wright par prétérition

Je ne vais pas vous dire qu’ils ont de la chance, les Toulousains, de l’accueillir chez eux ce soir. Je ne vais pas vous dire que son concert dans la chapelle Saint Louis de Cholet a un peu changé ma vie. Je ne vais pas vous dire combien les collets montés sont inaudibles quand ils gargouillent que ça n’a pas sa place dans une chapelle. Je ne vais pas surenchérir en disant que cette artiste est divine et devrait chanter chaque samedi dans une chapelle différente. Je ne serai pas maladroit au point de prétendre faire découvrir Shannon Wright à qui que ce soit, moi qui ai appris son existence si tard. Et je ne répéterai pas ce qu’une amie m’a dit, alors : « mais enfin, c’est génial non de réaliser qu’on peut encore faire de si belles découvertes à ton âge ? ». Je ne vais certainement pas vous annoncer qu’un jour je raconterai ce que j’ai vu et entendu ce soir-là. Ce que j’en ai compris, ce que j’y ai capté, à la fois de sacré et d’occulte. Ne comptez pas sur moi pour indiquer qu’elle vient de reprendre la route pour une dizaine de dates, veinards veinards veinards. Ne croyez pas que je vais montrer ici combien j’envie tous ceux qui vont (re)croiser sa route. Sa route et sa musique. Vous ne me ferez pas dire que Division m’a valu une bien surprenante unité. Je pourrais vous expliquer comment, même peut-être pourquoi. Je pourrais affirmer qu’il y avait là le début et la fin de toute chose, dessiné entre les silences comme sur la chasuble d’un prêtre. Mais je ne le ferai pas.

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