Traitez-moi de centriste

Un déluge, une déferlante. De l’info tous azimuts. Fractionnée, continue. Du son, des images. Des pages et des pages d’articles. Du vrai, du faux. Du faux qui prend l’apparence du vrai. Du fidèle enrobé de mensonges. Des tentatives d’explication. Des exercices de prospective. De l’intox à qui mieux mieux, de l’opinion dans tous les sens, vomie de toutes les officines possibles et imaginables. Le bal des commentaires, les abjects, les péremptoires, et au milieu, perdus, presque aphones, quelques mots valables et nobles, presque défendables en somme. Voilà dans quoi baigne, jusqu’à saturation, toute personne qui s’essaie, depuis le 13 novembre, à comprendre ce qui se passe et ce qu’il convient de faire à court, à moyen et à long terme, pour éviter d’avoir à revivre ça.

Comptine de novembre (réalisé sans trucage)
Breaking news : Daesh s’inspire des comptines françaises pour planifier ses attentats

La semaine dernière fut à coup sûr l’une des plus longues de l’histoire française récente. J’ai l’impression d’avoir vécu plus de dix jours en apnée. Même quand je tentais de m’extraire du bain et de débrancher mon esprit des événements, ça me rattrapait. Dimanche, avant-hier, je lisais avec mon fils son « cahier de vie » de moyenne section quand je suis tombé sur la comptine choisie pour le mois de novembre et collée pleine page avant les attentats.

Je me suis dit je suis maudit.

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Balade à J+1

Vendredi soir, en sortant de l’inauguration du Festival de la haie au Cinéma Le Stella, il faisait un peu frisquet dans les rues de Moncoutant. J’avais encore, entre les oreilles, l’atmosphère enveloppante des Barthes de l’Adour, marais sublimés par les images et les sons du film « Comme un poisson dans l’eau », où Patrick Lamaison explose littéralement d’amour pour ce coin de nature brute menacé de disparation par l’avidité humaine.

J’ai conduit prudemment jusqu’à Bressuire, en m’assurant au préalable que mon éditeur était parvenu à atteindre la station service du Super U. Son combi Volkswagen roulait depuis longtemps sur la jauge, et la perspective de devoir revenir héroïquement avec un jerrican de gazole ne m’enthousiasmait guère. Tout s’était bien passé, le buffet avait été excellent, je suis allé me coucher sans demander mon reste. Samedi, même histoire. La matinée commence extrêmement bien, on est aux petits soins avec moi, je suis entouré de rires et de chants.

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Requiem pour une colline

Si Rome, Edimbourg et Lisbonne sont construites sur sept collines, Bressuire en compte largement plus. Na. N’est pas capitale de bocage qui veut. Nos collines ne sont pas toutes bâties, néanmoins. Au fil des époques, certaines l’ont été harmonieusement, d’autres en dépit du bon sens, Bressuire ne manquant pas non plus de terrains plats. Nous qui sommes prompts à traiter les Chinois d’assassins quand ils rasent leurs montagnes pour faire de la place, nous semblons être tout à coup beaucoup moins regardants quand il s’agit d’anéantir tout un coteau sous une belle couche de bitume.

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Rue de la Triche, on ne triche pas sur la couche de bitume

Je croyais naïvement que ce genre de pratiques étaient révolues, qu’on avait compris qu’aménagement devait rimer avec sagesse et ménagement. Lire la suite